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Genèse du projet

Au mois d’avril 2008, nous découvrons Namponkoré au cours d’un voyage touristique, et décidons d’apporter les quelques fournitures scolaires amenées dans nos bagages à l’école primaire du village. Cette visite nous marque profondément : plusieurs centaines d’élèves s’entassent dans un bâtiment vétuste de 3 classes seulement. Les élèves sont tellement nombreux que tous ne peuvent s’asseoir sur les « table-bancs » qui nous rappellent l’école de nos grands-parents.

                    

Le cours moyen

Afin d’alléger quelque peu les classes surchargées, les villageois ont construit une hutte de paille qui abrite les plus petits. Le tableau est posé à même le sol et les enfants écrivent sur des ardoises d’un autre temps. Lorsque le maître pose une question, il ne suffit pas de lever la main : il faut aussi faire claquer les doigts afin d’ être repéré...

 

La paillote du CP

A notre retour en France, nous décidons d’aider cette petite école du bout du monde (moins de six heures d’avion pour atterrir à Ouagadougou mais près de 12 heures de plus pour rejoindre le village…) et entraînons tout d’abord avec nous les 32 élèves du Club des Droits de l’Homme du Collège de Marly-la-Ville. Deux actions sont menées avec les élèves, en octobre et décembre 2008, qui sont un premier espoir : ensemble, nous pouvons faire quelque chose !

Une correspondance s’établit également entre les élèves des deux établissements.

 

Au mois de janvier 2009, nous décidons de créer l’association  SAALA «  Avenir au Sud » afin de donner un cadre plus solide à notre projet. Les démarches se font dans un "timing" très serré car nous devons obtenir le récépissé de la Préfecture avant notre départ pour Namponkoré. Une semaine avant le voyage, nous obtenons le précieux document et la parution de notre nouvelle association au J.O. suivra bientôt. Au mois de février, nous retournons au village avec cette grande nouvelle : Saala est née !!

Le nom de l'association a été choisi parmi quelques mots "clés" traduits en Gourmantchéma, la langue parlée par les Gourmantché. Ce groupe ethnique vit principalement au Burkina Faso, autour de la ville de Fada N'Gourma, et aussi dans quelques régions septentrionales du Togo et du Bénin, ainsi que dans le sud-ouest du Niger. Le Gourmantché est donc la langue parlée à Namponkoré et dans toute la région de la Tapoa. "Saala" signifie "demain", "ce qui arrive bientôt", et donc, au sens large, "l'avenir" (d'où le sous-titre de notre association "Avenir au Sud"). En Gourmantchéma "ka-saala" veut dire par exemple "à demain".

Quant au logo de Saala, c'est un dessin de Caroline, l'enseignante du CP qui en est à l'origine. Ayant remarqué ses qualités certaines de dessinatrice, nous lui avions demandé de nous représenter un habitat gourmantché traditionnel et elle nous a remis le croquis de la petite case la veille de notre départ. Il faudra attendre le 3ème voyage (à la Toussaint 2009) pour que Caroline apprenne, avec bonheur, la destinée de son dessin !

 

Nous découvrons en février que depuis notre premier voyage d'avril 2008, une deuxième hutte a été construite à côté de la première. Les parents d’élèves se cotisent tant bien que mal pour payer une bénévole qui assure le Cours Préparatoire. Bien entendu, les huttes ne résistent pas à la saison des pluies : dès le début du mois de mai, les élèves ne peuvent plus aller en classe.

La deuxième hutte en février 2009

Au cours de ce voyage, nous prenons le temps de rencontrer toutes les personnes impliquées dans l’éducation des enfants et découvrons que l’ensemble de la population se mobilise pour faire en sorte que l’école puisse survivre, malgré les moyens dérisoires dont ils disposent.

Nous rencontrons le Maire, le Préfet et l’Inspecteur de l’Education de Base, tous très préoccupés par l’absence de réponse à leurs demandes réitérées de subsides pour le développement de l’école. Puis, au niveau local, nous discutons longuement avec les représentants des Associations de Parents d’Elèves et des Mères Educatrices qui, de leur côté, ne ménagent pas leur peine pour tenter de trouver des solutions. Une « cantine » de fortune s’est ainsi mise en place, grâce à l’action de bénévoles, permettant aux élèves de recevoir un repas succinct chaque midi. Mais le local est si délabré que nous passons devant sans tout d’abord le remarquer et le directeur de l’école devra nous inviter à revenir à l’heure de la préparation du repas pour que nous puissions mieux nous rendre compte…

 

L’ensemble des personnes que nous avons pu rencontrer, y compris le chef coutumier sans l’aval duquel aucune décision ne peut se prendre, se sont montrées très motivées par le projet de partenariat que nous sommes venus leur proposer.

De très nombreux parents d’élèves assisteront également à une rencontre organisée par les enseignants, au cours de laquelle nous prendrons mieux la mesure des besoins actuels. Tous sont d’accord pour indiquer que l’urgence est de construire de nouvelles classes « en dur ».

Les parents d'élèves lors de la fête de l'école

 

Afin d'assurer le suivi des futurs travaux, nous créons donc un Comité de gestion qui, le temps venu, pourra nous relayer sur place lorsque la construction commencera. Plusieurs réunions avec les enseignants nous permettront également de mieux définir les axes du projet de développement.

 

Nous rentrons de ce deuxième voyage avec la certitude que nos « graines d’avenir » ont été semées en terrain propice et que chacun veillera à ce qu’elles germent harmonieusement afin de voir sortir de terre une école rénovée et agrandie, dans laquelle tous les enfants pourront étudier dans de bonnes conditions...